La folie des foulards

Dans son atelier, Marylène Madou, donne naissance à de somptueux carrés de soie aux motifs luxuriants et souvent teintés d’exotisme, sortis tout droit de son imagination.

Les voyages forment la jeunesse

J’ai rendez-vous avec Marylène Madou à Genk, dans la province belge du Limbourg, dans les locaux qui abritent depuis peu sa boutique et son atelier. De dimensions modestes, ils sont aménagés avec goût. À 25 ans à peine, la jeune entrepreneuse a déjà à son actif un parcours pour le moins impressionnant. Née dans l’est de la Belgique, elle y a également passé son enfance. À la base, elle n’avait pas vraiment l’intention de rester au pays. Après ses études de design textile, à Gand, elle fait plusieurs stages à Los Angeles et à Londres, où elle pose ses valises un moment. « Pour un profil comme le mien, il y a nettement plus d’opportunités professionnelles au Royaume-Uni qu’en Belgique », explique-t-elle. « Cela dit, cela n’a pas toujours été simple. Au début, j’ai parfois dû travailler dans des centres d’appels, pour boucler les fins de mois. Heureusement, la situation s’est vite améliorée. » Lorsqu’elle est tombée amoureuse, à Londres, c’est d’un compatriote. Avec Brecht, Marylène a alors décidé de rentrer au pays et d’y lancer sa marque.

Pièces de collection

Fascinée depuis toujours par les célèbres carrés de soie de la marque Hermès, Marylène décide de se spécialiser dans la création de foulards. « J’ai toujours été fascinée par les étalages de la maison Hermès. Les carrés sont présentés comme des oeuvres d’art. » Un foulard Hermès est un peu une pièce de collection : on le conserve de longues années et on en prend grand soin. Marylène espère qu’il en sera de même avec ses créations. « J’aimerais qu’on ai envie de les collectionner. Chaque motif est unique mais participe à une histoire » Les imprimés sortis de son imagination sont tous plus somptueux et luxuriants les uns que les autres. « Quand on considére l’histoire de la mode, on se rend compte que les foulards ont toujours été un support privilégié pour les motifs exubérants », explique-t-elle. Marylène utilise deux techniques et combine des motifs dessinés ou peints à la gouache ou à l’aquarelle avec des croquis numériques, réalisés directement sur tablette. Le résultat regorge de couleurs chaudes et de représentations baroques d’oiseaux exotiques, de citrons, de fleurs et de teckels. Mais d’où lui viennent toutes ces idées ? « Lorsque je veux créer un nouveau motif, je commence toujours par partir en escapade ou en vacances, pour nourrir mon imagination de nouvelles sensations. Il m’arrive aussi de prendre des photos, de mes chiens ou de fleurs, par exemple, que je redessine ensuite, ou de m’inspirer de vieux livres dénichés dans des boutiques de seconde main. »

Durabilité

Après l’inspiration vient l’exécution. Les créations de Marylène Madou sont imprimées et fabriquées en Italie, en Angleterre et en Belgique, et la jeune entrepreneuse met un point d’honneur à suivre de près toutes les étapes du processus de production. Toute sa gamme sans exception repose sur des principes de fabrication écologiques. Et elle y tient. Elle travaille notamment exclusivement avec des imprimantes numériques durables. « Les cartouches d’encre sont entièrement recyclables et il n’y a pas d’odeurs chimiques ou carcinogènes. Le processus nécessite aussi très peu d’eau. » Un autre avantage de l’impression numérique réside dans la possibilité de déterminer à l’avance et de façon très précise comment le tissu sera utilisé. Cela permet de limiter le gaspillage au strict minimum. Et s’il y a tout de même des restes de tissu, le fabricant lui garantit un recyclage écologique intégral.

Tout un monde

Outre ses foulards, mouchoirs et pochettes, Marylène décline également son style caractéristique sur des objets de décoration d’intérieur, comme des coussins ou des rideaux. Cela lui permet notamment de toucher un public plus large, ses foulards attirant surtout un certain type de public, à la recherche de pièces de design uniques. « Mon rêve est d’ouvrir une boutique dans une métropole lointaine, où l’on pourrait se plonger dans mon univers, où ma marque serait présentée de manière intégrale. Je compte bien développer mon label, et que mes créations parcourent le monde. Je trouve que cela se ressent dans mes motifs, cette ouverture au monde et cet attrait pour les différentes couleurs des lieux que j’ai visité. Je veux créer un univers qui me ressemble, où mode et déco se nourrissent mutuellement. »

Website: www.marylenemadou.com

Instagram: @marylenemadou

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